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église saint Thibault
L'église Saint Thibault


buffet de l'orgue de saint Thibault
Le buffet principal



la console
Console de l'instrument





Composition de l'instrument
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EGLISE  SAINT THIBAULT,  rue Saint-Thibault, 89300  JOIGNY

Grand orgue Daublaine-Callinet 1842, orgue de tribune classé monument
historique
Organiste titulaire : Yves AUDARD,
Affectataire : Mr le Curé de Joigny
Propriétaire : Municipalité de joigny
Pour accéder à l’instrument : prendre contact avec Yves Audard, organiste titulaire.
tél 03 86 91 94 44 ou 06 64 84 15 13     email: audard@wanadoo.fr
L'entretien de l'instrument est assuré par
Jean-François MUNO, Esmoulins 70100 GRAY

Histoire de l'orgue de Saint Thibault :
Le 12 juillet 1530, un incendie a brûlé et fondu les cloches et les orgues.
Sur une pierre gravée à gauche de la tribune, on peut lire l’inscription "Cet orgue a esté faicte à neuf par M. Jacques LEVASSEUR… et aussi ont fait faire la Gallerie… en l’an 1648".
Le 30 novembre 1802, l’orgue a été adjugé à M. MAUNY pour la somme de 113 livres.
L’orgue actuel a été placé sur la tribune à Noël 1842. Il a coûté 10600 francs. Il a été construit par la maison Daublaine-Callinet, DUCROCQUET successeur ainsi que l’indique la plaque en fonte apposée au dessus des claviers en fenêtre. Il est représentatif de l’esthétique préromantique dite « de transition ».
En 1908, le facteur belge ANNESSENS, pour répondre aux exigences symphoniques du moment, modifie profondément l’harmonisation. Les tuyaux sont décalés d’un demi-ton, les mutations abandonnées, seule la structure mécanique reste inchangée.
En 1986, Jean-François MUNO, en accord avec la Commission nationale supérieure des orgues classées restaure l’instrument en choisissant de revenir à l’esthétique d’origine.
En 2003, le hautbois est revu pour en égaliser la progression et les languettes des anches sont refaites en cuivre martelé.
En 2007, un relevage est effectué par Jean-François MUNO qui change les peaux des registres (elles étaient d’origine) et égalise l’harmonisation.
Le buffet de 1842 est composé de quatre tourelles encadrant trois plates-faces. Les boiseries des tourelles sont moulurées et reposent sur des culs-de-lampe en forme de toupie. Le soubassement est panneauté très sobrement. Une croix surmonte la plate-face centrale. Haut de page


UN ORGUE DE TRANSITION Texte de jean François Muno, facteur d'orgue
C'est au cours des XVIIIe et XIXe siècles que sont apparues deux écoles fondamentales enchaînant la facture d'orgue et l'écriture musicale, toutes deux nées d'un goût qui a évolué et
ceci, bien parallèlement aux principaux événements de notre histoire ; l'école classique, l'école romantique.
Entre ces deux grands pôles se situe un bon demi-siècle — 1800-1850 environ — au cours duquel apparaissait une facture évolutive, riche d'expériences, de recherches technologiques et annonçant, à coup sûr, la future industrie et l'écriture symphonique. L'apogée de cet art épris de nouveauté, technicien, sera illustré et consacré par Aristide Cavaillé-Coll et musicalement par César Franck puis Vieme. Déjà, nous sommes loin de l'orgue classique français, de FrançoisHenri Cliquot et de Couperin.

C'est tout naturellement au cours de ce demi-siècle de tâtonnements, de pressentiments, qu'est apparu un instrument dit " de transition ". Mais, du même coup, il faudra aussi admettre l'abandon relatif de la musique d'orgue d'église qui s'éclipse au profit du piano, effervescent et moderne.

Nous nous arrêterons volontairement sur une date précise : 1840. En cette année, Daquin meurt, Boëly s'impose à la tribune de Saint-Germain l'Auxerrois, Sax invente le saxophone, on construit l'orgue de Morez, et bien d'autres selon la même formule. Et voici que tout un style s'impose, un autre goût. On parle d'un Lefébure-Wély, d'un Batiste, de Niedmeyer.

Gardons-nous de parler de décadence. Il y a recherche et l'inquiétude n'est pas la décadence. Alexandre Boëly a su maintenir les traditions imposées par Bach et Haendel tout en appelant de nouveaux maîtres. Ce rôle de charnière était-il si aisé ?

Non moins curieusement, la facture d'orgues est très active pendant cette même période. Certes à l'état de recherches, elle n'en est pas moins d'une extrême qualité et reflète les exigences d'un artisanat alors à son apogée. De grands noms et de grands chef-d'œuvre illustrent cette période pré-romantique. Nul doute qu'il convient de saluer en priorité les Cavaillé: Joseph Cavaillé, Jean-Pierre Cavaillé (1743-1809). De l'union de Maria Francesca Coll et de Jean-Pierre Cavaillé naîtra Dominique Cavaillé-Coll 1771-1846. Il travaillera beaucoup dans le midi (à Gaillac à Saint-Gaudens) avant de s'installer à Paris avec son fils Aristide (1811-1899). Dès lors apparaissent les grands instruments célèbres de Saint-Denis( 1840), Sainte-Clotilde (1859),Saint-Sulpice (1862) pour Paris, Grenade sur Garonne etc.

La personnalité d'Aristide Cavaillé-Coll domine le 19e siècle. Elle est au centre de la facture française post-classique. Ce phénomène, nous le ressentons d'autant plus fort que les premiers ouvrages réalisés avec Dominique Cavaillé-Coll, son père, étaient encore très classiques, qui plus est, influencés par l'Espagne. Amenant magistralement l'orgue symphonique, Aristide Cavaillé-Coll ne pouvait, que tout d'abord, ressentir l'instrument de transition pour, finalement,le faire aboutir.

L'ouvrage fort documenté de P. Meyer-Siat mentionne que "la grande famille Callinet était, en la première moitié du XIXe siècle, la plus puissante entreprise de facture d'orgues en Alsace, et sans doute en France ". Ici aussi, l'héritage est classique ; Riepp, Rabiny. François Callinet(1754-1820), bourguignon, était l'associé puis le gendre de Rabiny. Il a eu deux fils, Joseph (1795-1857) et Claude Ignace (1803-1874). Le neveu, Louis Callinet, parisien, s'associe à Daublaine de l839 à l843. Les frères Callinet ont beaucoup produit. On leur doit les instruments de Masevaux (1842). Oitingue (1843) et en dehors de l'Alsace, on trouve des instruments à
Saint-Etienne, à Riom, à Beaume-les-Dames, Lons-le-Saunier et Mouthe (1842).

Pierre-François Dallery (1764-1833) reste attaché à Cliquot et prolonge sa facture. Il transforme les instruments classiques en annonçant l'école symphonique.

Tels sont les principaux facteurs ayant illustré l'orgue de transition.
Nous trouverons cependant des instruments de la même époque et signé de John Abbey
(1785-1859), collaborateur de Sébastien Erard (1752-1831), Antoine Louis Suret, Jean-Joseph Stein, Henri Beaucourt, Nicolas-Antoine Lete, Prosper Moitessier ( 1805-1869), très actif dans   le midi — Béziers, Carcassonne, Saint-Rémy de Provence, la maison Stiehr-Mockers, François-Joseph Carlier, Nicolas Henry

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Jean.François. MUNO  facteur d'orgues.
m à j 18042015